Manuel de survie en territoire Google

Pourquoi tenir un blog? Pour vivre et travailler en bonne intelligence avec ceux qui organisent l’information mondiale, par exemple. Certes, à l’époque de Google, il n’est pas nécessaire de jouer avec les règles de Google. On peut les refuser, et il y a sans doute de bonnes raisons de le faire. Difficile d’y voir clair en effet dans le développement du Web, et impossible d’être certain que le leitmotiv de Google, « Don’t be evil », puisse être respecté, même approximativement.

On peut donc jouer contre Google en protégeant des informations ou en pratiquant l’intox, mais le pari est risqué lorsque cette information est personnelle. Si nous ne diffusons pas de renseignements sur notre vie, d’autres peuvent se charger de le faire à notre place, avec des intentions parfois discutables. Si le solde d’informations dont Google dispose à notre sujet est laissé en friche, la moindre mention de notre nom aura des répercussions dévastatrices. À l’inverse, si en bons familiers du Web nous avons bien verrouillé le terrain, si Google est riche d’informations à notre propos, une nouvelle entrée malveillante se perdra dans la multitude des références existantes. Le filtre opère par l’excès, et non par le manque.

Si nous décidons donc de jouer avec les règles de Google, la meilleure stratégie est celle de l’anticipation et de la réactivité. Pour s’adapter au paradigme d’ouverture imposé par Internet, et pourquoi pas en retirer des opportunités, il faut autant que possible produire des renseignements fiables, pour mieux contrer les informations erronées. Poster des sentinelles et des messagers sur le Web, et se préparer en même temps à lancer des attaques-éclairs en cas de diffamation. Sur le front de la réputation numérique, les blogs sont les forteresses de la guerre de positions, tandis que Facebook et Twitter sont les nouveaux terrains de la guerre mobile. Tout ceci est très militaire, j’en conviens. Mais souvenons-nous des débuts d’Internet, avec le réseau Arpanet financé par la Défense américaine, et ces analogies ne paraîtront pas si déplacées.

Dans un essai intéressant, « What Would Google Do? » (en français: « La Méthode Google: que ferait Google à votre place? »), Jeff Jarvis propose une analyse des transformations que Google a déjà introduites dans notre société, et s’amuse à transposer la méthode Google à différents secteurs économiques, imaginant par exemple un Google de l’automobile, de l’énergie ou des télécommunications. Deux chapitres posent les limites de la méthode Google, intitulés: « Les agences de relations publiques et les avocats: sans espoir », et « Dieu et Apple: au-delà de Google ». Ces derniers bastions mis à part, les « lois de Google » dégagées par Jarvis incitent à repenser l’organisation des entreprises, la publicité et la structure des marchés.

Comprendre les lois de Google, et les règles de réputation à l’époque de Google, est un bon début pour survivre en territoire Google.

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A propos Maël Donoso

With a scientific background in Biology, I received a Ph.D. in Neuroscience from University Pierre et Marie Curie, in Paris. My research on the foundations of human reasoning, prepared at École Normale Supérieure, has been published in Science, one of the world's leading scientific journals. I completed my studies with a training in Business at INSEAD.
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